18 bonnes raisons de détester son entreprise ?

Burn-out, harcélement moral

Hubert Landrier, qui se présente volontiers comme « chasseur de fantômes dans l’entreprise », vient de publier un ouvrage intitulé 18 bonnes raisons de détester son entreprise, qu’il présentait récemment devant un parterre de chefs d’entreprises et de cadres.

Les irritants sociaux

Ce nouvel ouvrage se veut être un best-off de 18 cas qu’il a eu à traiter au cours de ces dernières années : l’auteur y décortique ces petits riens, qu’il nomme « les irritants sociaux » qui finissent par rendre le climat social dégradé, sinon délétère : tensions, désengagement,… autant de signes d’un dysfonctionnement au sein de l’organisation. Ce spécialiste de l’audit social a recensé 40 irritants sociaux auxquels sont sujets les salariés, qu’il a regroupé en 6 catégories :

1. L’ambiance au travail : absence de coopération dans l’équipe, manque de politesse, voire incivilité, affectent les relations au quotidien

2. La relation avec le(s) chef(s) : présence insuffisante de l’encadrement, bonjour et merci qui ne font pas partie du vocabulaire du chef, 

3. Les méthodes de management qui donnent lieu à un cortège de doléances se résumant par un constat sans appel : le sentiment pour le salarié d’être laissé à lui-même

4. L’attitude de la direction générale : souvent distante, éloignée de la base quand elle ne se voit pas accusée d’être défaillante dans les symboles

5. L’attitude des représentants du personnel, jugée peu efficace

6. Le manque de perspective pour l’avenir, voire le sentiment partagé par les collaborateurs qu’on leur cache des choses.

Stress irritabilité

Origine des sources d’agacement

                          • l’absence de prise en compte de l’individu
                          • l’individualisation excessive des objectifs, qui contribue à dégrader l’esprit de coopération au sein des équipes
                          • la centralisation excessive, et son corollaire le manque d’autonomie accordé à l’encadrement intermédiaire, ont de multiples effets pervers allant du manager local obligé de composer avec la réalité et de dévoyer les prescriptions de la DG, au sentiment pour les collaborateurs en bas de l’échelle d’être niés dans leurs compétences.
                          • le règne du reporting.

L’équation est simple pour Hubert Landrier : ces sources d’agacement sont autant de coûts cachés pour l’entreprise qui doit faire face à une multitude de symptômes.

Coûts cachés

  • désengagement des collaborateurs : absentéisme, risques psycho-sociaux, dépression, mal-être
  • départs des collaborateurs que l’entreprise souhaiterait garder
  • perte d’efficacité.

Aussi, en appelle-t-il à une réflexion sur la gouvernance de l’entreprise et une refondation du dialogue social, « fondement de la réussite globale et durable de l’entreprise ». Pour lui, il est urgent que le capital immatériel de l’entreprise, i-e les salariés, soit pris en compte à sa juste valeur. Cela suppose de s’interroger:

  • sur ce qui donne sens au travail
  • sur le bien-être au travail
  • en quoi le travail constitue un moyen de promotion de l’homme et en quoi il participe à la contribution de la cité
  • la reconnaissance du travail.

Et vous, quelles sont vos bonnes raisons de détester votre entreprise? 

Votre chef vous manque-t-il de respect ou ne répond pas à vos suggestions d’amélioration? L’ambiance est-elle au « chacun pour soi »? Ou au contraire, voyez-vous dans votre entreprise des signes d’exemplarité qui ne demanderaient qu’à s’exporter et se dupliquer ?